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Journée 5, de la 27 -ème édition de la semaine Européenne 2023 des personnes handicapées ♿️

Handicap au travail : en parler ou pas ?

Maladie et travail – Parler de sa maladie et de son handicap à son employeur

Quand on commence un nouveau travail en étant en situation de handicap ou quand on apprend le diagnostic d’une maladie grave ou chronique alors en poste, on se pose souvent la question d’en parler ou non à son employeur.

Une mauvaise expérience par le passé, la sensation de ne pas être écouté, de ne pas être légitime à exposer ses difficultés personnelles, ne pas se sentir en confiance, la peur d’être vu comme plus vulnérable et moins performant que ses collègues, le manque d’information sur l’accompagnement proposé par l’entreprise, un contexte économique difficile pour l’entreprise, la peur de perdre son emploi… de nombreuses raisons peuvent faire qu’un collaborateur n’ait pas envie d’en parler, qu’il préfère le garder pour lui. Alors doit-on en parler ?

S’exprimer ou non sur sa maladie ou son handicap reste un choix très personnel et c’est important que la personne concernée se sente prête pour commencer à en parler. Il n’y a aucune obligation de révéler sa maladie ou son handicap à son employeur, cela relève de la vie privée. La seule obligation est de justifier des absences, notamment de transmettre ses avis d’arrêt de travail à l’employeur et à l’organisme de Sécurité sociale auquel on est rattaché.

Quand le collectif de travail est sensibilisé à la maladie au travail et que la parole se libère à tous les niveaux hiérarchiques de l’entreprise, les personnes concernées se sentent plus en sécurité et plus libres d’aborder leurs difficultés. Elles sont donc plus à même d’exprimer leurs besoins et de se faire accompagner dans l’adaptation de leur poste. Faire part des conséquences de la maladie sur l’activité professionnelle, sans entrer dans le détail de la maladie peut permettre une meilleure compréhension de la part des collègues et de la hiérarchie et une adaptation de l’environnement et de l’activité de travail.

Aujourd’hui, nous avons souhaité partager avec vous le parcours de Margot, responsable de ressources humaines, touchée par plusieurs maladies.

Pour elle :

« Il faut en parler ! Ne pas hésiter à parler de sa santé, en tant que manager, en tant que responsable RH, en tant que chef d’équipe, de service. […] Parce que dans la plupart des cas, il y a des solutions toutes simples à mettre en place »

Nous sommes heureux de vous partager son témoignage.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre maladie / handicap en quelques mots ?

Je m’appelle Margot Joly, j’ai 29 ans, et je suis responsable ressources humaines pour les concessions Renault du groupe Emil Frey situées sur le secteur Lille-Bassin Minier.

Je cumule plusieurs difficultés liées à ma santé. J’ai une prothèse de hanche totale, suite à une ostéoarthrite de hanche dans la toute petite enfance, ma seconde hanche est également touchée (arthrose précoce), j’ai une scoliose sévère qui a nécessité le port d’un corset orthopédique pendant deux ans et demi, je souffre également de migraines ophtalmiques sévères avec aura, et pour couronner le tout, je suis atteinte d’une maladie génétique qui touche mes reins (une polykystose hépato-rénale).

Un beau cocktail !

Comment avez-vous concilié votre maladie / handicap et votre travail ?

J’ai toujours dû concilier mes problèmes de santé et ma scolarité. Malheureusement la plupart de ces problèmes me suivent depuis presque toujours, j’ai grandi avec eux. J’ai été élevée avec l’idée que mes soucis de santé ne devaient pas être une excuse. Ils ne devaient pas m’empêcher d’aller à l’école, ou de rattraper mes devoirs quand je ne pouvais pas y aller. Si je n’étais pas en forme ou que je n’avais pas le moral, il était hors de question que cela impacte ma scolarité. J’ai choisi mon parcours en fonction de ma santé également. Passionnée de la nature et des animaux, j’ai vite compris qu’un travail physique en pleine nature n’était pas envisageable pour moi ! J’ai donc trouvé une voie qui m’intéressait et qui était conciliable avec ma santé.

Quand je suis arrivée dans le monde du travail, mes problèmes de santé n’ont donc pas été un frein, j’avais l’habitude de composer avec eux depuis des années. Donc même si je me lève un jour un peu plus cassée que les autres, ça ne m’empêche pas de venir au travail avec le sourire et l’envie d’avancer !

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Qu’est-ce qui vous a aidée ?

Quand j’ai accepté mon stage, à la sortie de mes études, j’étais encore en centre de rééducation suite à la pose de ma prothèse. J’ai donc dû écourter la rééducation et demander à mon employeur de bien vouloir décaler le début de mon stage, ce qu’il a accepté. Le 1er challenge, c’était donc de lutter contre la fatigue ! Lundi et mardi matin, rééducation en centre, l’après-midi, j’étais en cours à l’université, le mercredi, jeudi et vendredi, en entreprise, et le week-end : révision et écriture de mon mémoire ! J’ai eu la chance d’avoir une hiérarchie très compréhensive, et qui remarquait aussi que j’y mettais beaucoup du mien pour que ça marche. Et ça a marché, puisque j’ai été embauchée à l’issue de mon stage, et que je suis toujours dans la même entreprise cinq ans plus tard. La plus grosse difficulté a été d’expliquer à mon supérieur que mes migraines pouvaient être invalidantes. Il s’agit de migraine avec aura, pour faire simple, j’ai tout un tas de symptômes qui précèdent la crise et qui m’empêchent de travailler lorsque ça se produit, une fois par mois en moyenne. Je n’ai qu’une seule solution : me mettre dans le noir, sans bruit, avec mon gros traitement qui m’assomme pour quelques heures.

J’ai eu peur d’être jugée : quand on parle de migraine on pense à un bête mal de crâne, de ceux qui sont gênants mais n’empêchent pas de travailler ! Mais ma hiérarchie a toujours été très compréhensive et ne m’a jamais fait le moindre reproche à ce sujet. J’ai expliqué correctement le problème, et j’ai su montrer que ce petit souci technique était compensé par mon investissement total le reste du temps

Pour le reste, mon employeur n’a même pas attendu que je lui demande pour adapter mon poste de travail, avec l’aide du Cap emploi – Sameth. Du coup forcément, dans ces circonstances, tout est plus simple… !

Selon vous, comment peut-on améliorer l’accompagnement des personnes malades en entreprise ?

C’est tout simple, je pense qu’il faut en parler ! Ne pas hésiter à parler de sa santé, en tant que manager, en tant que responsable RH, en tant que chef d’équipe, de service. Mais il faut l’aborder sous le bon angle… En soulignant les solutions plus que les problèmes. Quand on est concerné soi-même : il faut en parler en ne cherchant pas l’empathie de son entourage professionnel, en ne cherchant pas à se plaindre ou à se faire plaindre. Je crois qu’il faut juste expliquer, quels problèmes se sont présentés et comment ils ont pu être ou pourraient être résolus… Parce que dans la plupart des cas, il y a des solutions toutes simples à mettre en place pour qu’une personne qui présente un problème de santé puisse exercer ses fonctions à 100 % sans souci. Le dialogue est la clé de la plupart des soucis qu’on peut rencontrer dans le management, au sein d’une entreprise.

Si vous aviez 1 conseil ou bonne pratique à partager avec :

une personne en situation de maladie / de handicap au travail ?

Je lui conseillerais, dans la mesure du possible, de rapidement aborder ses difficultés. Le mieux est d’avoir déjà une idée de la manière dont il serait possible de solutionner ces difficultés.

Pourquoi en parler rapidement ? Parce que selon moi, un employeur bienveillant ne fuira pas devant un handicap, d’une part. Et si un employeur se comporte mal à l’annonce d’un handicap, j’aurais tendance à dire que de toute façon la relation de travail ne se passera pas bien. Autant savoir rapidement à quel type de personne nous avons affaire, je crois !

Un manager d’une personne concernée ?

Pour un manager : laissez les personnes concernées venir vers vous, mais n’hésitez pas à aborder le sujet délicatement. Si vous savez qu’un salarié a des difficultés de santé, pourquoi ne pas aller vers lui pour lui demander s’il a besoin d’adaptations. Pour lui parler de ce qui peut être fait. S’il se braque, n’insistez pas, mais dites-lui simplement que s’il a besoin, il peut venir prendre des renseignements auprès de vous.

Un employeur pour favoriser l’inclusion des personnes concernées ?

Même conseil pour un employeur… Essayez d’aborder le sujet en CSE, ou de mettre en place des affichages par exemple. Certaines entreprises sont spécialisées dans ce genre de communications, et obtiennent de bons retours. Il faut aussi savoir rediriger correctement les salariés qui se posent des questions sur leur situation (vers des interlocuteurs internes, ou extérieurs à l’entreprise comme la MDPH, la médecine du travail ou Cap emploi). Il ne faut jamais oublier que c’est votre intérêt, à vous et au salarié, que celui-ci se sente bien sur son poste.

Merci Margot pour votre témoignage.

SOURCE https://www.wecareatwork.com/

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