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Pascal Bélouis, Président du Syndicat CFTC-HSBC, se confie …

Un mot sur le syndicat CFTC-HSBC ?

Nous sommes un syndicat professionnel déclaré à la préfecture. De ce fait nous bénéficions d’une totale autonomie de fonctionnement. Pour autant nous nous référons aux valeurs de la CFTC, qui restent notre ADN.

Ce sont ces valeurs qui t’ont décidé à t’engager ?

Indirectement. En fait c’est avant tout le constat de dysfonctionnements récurrents au niveau de mon entreprise, particulièrement de sa chaine managériale, générateurs de souffrance au travail et d’injustice, des mots que j’abhorre. Les collaborateurs se retrouvent très souvent en situation de vulnérabilité pris en tenaille entre l’envie de s’exprimer et la peur de se retrouver catalogués comme non corporate.

Dans nos systèmes organisationnels d’aujourd’hui, ne pas être d’accord et le manifester c’est l’assurance de se faire taxer de déviance comportementale, et donc de mise en danger du groupe. Le plus cocasse c’est que l’entreprise multiplie les formations sur la bienveillance et la résilience, sur la nécessité d’un réel dialogue social, et s’auto-décerne en permanence des certificats de bonne conduite entrepreneuriale, totalement vides de sens.

Nous sommes rendus au paroxysme du paraitre au détriment de l’être.

Et pour en revenir à votre questionnement il m’a semblé que l’approche de la CFTC, son respect absolu de la personne et du bien commun, sa volonté de défendre la vie, me paraissent parfaitement en adéquation avec mes aspirations.

Conformément aux demandes gouvernementales, les banques ont maintenu leur activité pendant le confinement. Comment travailles-tu depuis le début de la crise du Covid-19 ?

J’ai eu le choix entre le télétravail et le travail sur site, bien entendu dans le strict respect des consignes de distanciation sociale et des gestes barrières.J’ai choisi de venir sur site, un mode de fonctionnement qui correspond mieux à mes rythmes. Sans doute aussi l’héritage d’un parcours professionnel exempt de télétravail choisi. 

Le bon accomplissement de nos missions syndicales demande-t-il beaucoup de temps depuis le début de la crise ? Plus qu’en temps « normal » ? Pourquoi ?

J’ai l’habitude de dire, sous forme de boutade, que je n’ai jamais eu le sentiment d’être autant sollicité que depuis le début de cette crise sanitaire et du confinement qui a suivi. L’inquiétude et même l’angoisse des collaborateurs étaient réelles.

Et si globalement l’entreprise a mis en place un confinement satisfaisant, parfois trop tardivement à notre sens, les ajustements, les questionnements, parfois et encore toujours les iniquités de traitement, nous mobilisent quotidiennement. Sans parler du déconfinement, dont la mise en place très progressive, un peu trop librement interprétée par certains, nécessitent notre intervention. La crise sanitaire a de ce point de vue été un révélateur sans pareil sur les failles en matière de management…somme toute c’est assez classique.

Quelles sont les qualités pour être un bon négociateur à la CFTC-HSBC ?

Techniquement, rien de très différent de ce qu’elles doivent être pour tout bon négociateur : le travail (des dossiers), l’écoute, la ténacité, l’esprit constructif, quelquefois l’intransigeance quand elle s’avère nécessaire.

Mais s’agissant d’un engagement syndical s’y ajoute une dimension pour moi incontournable, l’oubli de soi : ne jamais perdre de vue que nous négocions pour et au nom des autres.

 C’est finalement ce que, pour beaucoup, nous venons chercher au travers de notre engagement : retrouver un peu de notre humanité.

 

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